VOS Témoignages

Je fus harcelé pendant toute ma scolarité. Mais la pire période, fut entre 2006 et 2009. Comme j’étais redoublant, j’ai décidé de changer de collège pour ne pas refaire la même année dans le même établissement, avoir les mêmes profs et les mêmes cours, et ce fut l'une de mes pires erreurs de ma vie !

On m’embêtait déjà dans mon ancien collège (des moqueries) mais de deux ou trois personnes, c'est passé à l'ensemble des élèves ! Pas tous évidemment, mais j'ai eu droit à « On dirait un crapaud », parce que j'ai un jour eu le malheur de porter un t-shirt vert. J'ai eu droit à de nombreux « Ce n’est pas de ma faute, si t'es moche ! », à des pincements au niveau des pectoraux, avec cette phrase « Ça t'étonne ? » pour le jeu de mots… C'était un jeu pour eux, mais pas pour moi.

J’étais très souvent exclu des groupes qui s'étaient formés, alors pour combler ma solitude, je m'étais mis à travailler pendant les temps de pause. C'est ainsi que certains élèves ont commencé à balancer mon travail à plusieurs reprises, par terre.

Les poursuivre ? Me défendre ? En parler ? Le sujet n'était pas autant médiatisé qu'aujourd'hui, et, en ayant parlé à ma mère qui me disait que « c'était ma faute », parce que je ne prenais pas forcément soin de moi, j'ai fini par être intimement convaincu que cette situation était normale.

Mais comment prendre soin de soi lorsque l'on ne s'aime pas ? Pourquoi améliorer sa tenue vestimentaire ou de faire attention à son physique quand on vous dit tout le temps que vous êtes moche ? Non, je n'y voyais aucun intérêt, j'étais moche, un point c'est tout !

J'ai quand même tenté d'intégrer plusieurs groupes d'élèves, mais les efforts fournis n'étaient jamais récompensés, je finissais toujours par être exclu à un moment ou à un autre. Bien sûr, les élèves n'étaient pas tous horribles, j'ai fait quelques connaissances sympathiques avec qui j’ai gardé contact. D'ailleurs, certains étaient aussi harcelés dans le collège.

J'ai fini par avoir des idées suicidaires, mais étant persuadé qu'il fallait forcément brûler son corps, sauter du dixième étage ou se tirer une balle, je préférais me dire « Attends. Attends de voir ce que la vie te réserve ». Cette phrase fut mon salut.

Trois mois plus tard, j'ai fait une rencontre, cela s’annonçait comme le début d’une belle amitié. À cause d'un manque de soutien, d'affection, et du passage d'un état dépressif à un état heureux, j'ai totalement disjoncté. J'avais 17 ans et j'ai fait n'importe quoi ! J'ai tout fait pour détruire cette amitié qui venait de naître. Peut-être qu'inconsciemment, je me disais que je ne méritais pas d'être heureux ? C'est lorsque cette fille a coupé les ponts que je compris mes actes. En multipliant les tentatives d'excuses (je voulais me rattraper) je l'ai harcelé à mon tour.

L'année qui suivit, j’ai pris la ferme décision de mettre fin à mes jours. J’ai marqué dans un carnet jaune la date de mon auto-exécution. Je m'en souviendrais toujours, car c’est le jour de l’anniversaire de mon petit frère.

Malgré tout ce qui c'était passé entre nous, mon ancienne amie est revenue vers moi. Aucun rapport avec le harcèlement scolaire, cette histoire ? Pourtant, si, parce que, si j'avais été soutenu convenablement et si j'avais pu comprendre ce qui m'arrivait, j'aurais sûrement pu éviter beaucoup de souffrances des deux côtés. J'ai à nouveau continué de rattraper mes erreurs, mais ce fut inutile. La tristesse et la souffrance étaient omniprésentes en moi, quand la haine et la rancune l'envahissaient et elle coupa contact.

Par diverses réflexions personnelles, j'ai réussi à surmonter plus ou moins cette rupture, mais j'ai perdu beaucoup de nouveaux contacts, parce que je parlais « trop » de mon histoire, c'était devenu une obsession, et les gens n'aimaient pas trop que je ne parle « que » de ça.

J'ai fini par quitter le domicile familial, changer de département, de région, de vie !

Je pense que cette dernière chose est importante : il y a un an environ, je regardais souvent des choses sur le harcèlement, mais je n'avais pas encore le courage de témoigner, trop peur que mes harceleurs me retrouvent. Je ne sais plus si c'était le lendemain ou le jour même, mais le témoignage de la créatrice de la page étant passé à la télé, à propos du harcèlement scolaire, j'ai eu la chance de pouvoir créer une nouvelle amitié avec une personne formidable alors que je ne pensais pas le mériter, du fait de mon passé. Les connaisseurs du sujet sauront probablement de qui je parle...

Guillaume*, college

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Déposé le2016-03-04 00:07:00

Aujourd'hui j'ai 19 ans.
Je me dois de témoigner.

Parce qu'ils m'ont fait souffrir pendant 3 ans de collège, parce qu'ils m'ont volé mon adolescence.
Parce que j'ai connu l'horreur de manger seul à la cantine pendant des mois.
Parce j'ai connu les coups, l'indifférence et la moquerie.
Parce qu'il n'est pas normal qu'un jeune homme de 14 ans rentre en pleurant dans une salle de classe.
Parce que des années plus tard, je les recroise, et... Lire la suite

Stan*, college, 57

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Déposé le2016-02-27 14:23:14

Bonjour,

J’ai aujourd'hui 27 ans et j'ai fait partie du « club » des harcelées. 4 ans de collège, 4 ans d’enfer. Je n’oublierai jamais les insultes, les coups, les humiliations, les croche-pieds, sales tours et autre vols qui ont jalonnés cette période de ma vie. Je remercie les dieux que les seuls réseaux sociaux étaient des chats ou je m’inscrivais anonymement. Je n’ose imaginer ce que je me serais pris son mon facebook et ma page twitter….
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femmedhorus*, college, 34

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Déposé le2016-02-06 18:21:04

Je me souviens...

Je me souviens de toutes ces mains qui me touchent. J’avais 12 ans, puis 13, 14, 15 ans.

Je me souviens de toutes ces mains qui me touchent, mais pas des visages.

S’il y avait eu des yeux, peut-être qu’ils auraient vu à quel point toutes ces mains me font mal. Leurs caresses sont légères, des fois plus appuyées, et à chaque fois j’ai cette sensation de brûlure, comme si mon âme était marquée au fer rouge.Lire la suite

Estelle*, college, 49

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